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Le (troisième) livret pour moi
Le livret pour moi …
Le livret est une part de moi-même. Figurer dans ces pages, quel sentiment de reconnaissance, d’autosatisfaction !. Comment pouvais-je espérer, un jour, être lue en dehors des murs de la médiathèque ? Comment pouvais-je modestement communiquer, transmettre mon plaisir d’écrire ?
Des « premières émo-tions » aux « nouvelles sensations », un pas a été franchi. Nos textes ont été publiés avec notre signature. Le livret pourrait, pour sa troisième édition, être publié en tirage plus important ! Ne rêvons pas, il nous faut raison garder. Et pourquoi pas le « bloguer » ? J’ai franchi le pas et ne l’ai pas regretté.
Se livrer au livret, se livrer aux livrés c'est-à-dire à tous ceux qui ont pris le sésame, l’a feuilleté, lu, relu. Sentiment de fierté de l’avoir fait sur papier et d’avoir osé le diffuser sur la toile. Prête à recommencer.
Ecrire toujours et encore. Inventer, imaginer, raconter, jouer et peut être faire rêver.
Posté le 11/10/2009 | 4 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article
De ce lieu là
De ce lieu là …sont sortis des mots, des confessions, des souvenirs, des délires, des désirs, des gourmandises.
De ce lieu là, on ne sort pas dans le même état d'esprit que celui dans lequel on est entré.
De ce lieu là, entourés de célébrités alignées sur les étagères, on a la sensation de vivre les mêmes frissons que les écrivains à leur début : les pages raturées, déchirées, les mots supprimés ou changés, les ponctuations allégées ou l'angoisse de la page blanche, du hors sujet.
De ce lieu là, on ressort avec des idées de voyage dans l'écriture avec pour seuls bagages une feuille blanche, un stylo et en qualité de passeport notre imagination, notre inspiration.
Posté le 11/10/2009 | 2 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article
Pour moi, une nouvelle ...
Pour moi, une nouvelle… ce serait une façon de m'inventer une vie nouvelle en endossant le rôle d'un personnage. Je créerais des personnages que j'aimerais rencontrer, dans un lieu connu. J'inventerais des circonstances auxquelles j'aimerais être confrontée. Mais cette nouvelle ne serait en aucun cas autobiographique.
Il y aurait… toi, lui, elle, eux, les autres et moi à une autre époque, en d'autres lieux. Mais ce ne serait pas le MOI d'aujourd'hui.
Ca continuerait… de me hanter jusqu'à ce que je sois satisfaite du déroulement de ma nouvelle, que son final donne envie au lecteur de lire une suite. Ca continuerait de me hanter au point de me fondre dans la peau de mon personnage, voire de vouloir vivre sa vie au réel.
Ca se finirait… par trois points de suspension, invitant le lecteur à imaginer une suite à l'histoire des personnages.
La dernière phrase de cette nouvelle… Chacun repart vers sa vie d'avant, des souvenirs plein la tête, après des expériences inoubliables, des projets à mettre en œuvre, des amitiés nouvelles. La vie recommence, ici, autrement.
Posté le 11/10/2009 | 2 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article
Graines d'artistes
Samedi 06 Septembre 2006. C’est aujourd’hui l’ouverture du centre d’activités artistiques -réservé aux adultes- de Donnery. Stanislas, directeur des lieux, est à l’origine du concept et créateur des infrastructures. Idée de génie pour les passionnés.
Au fur et à mesure de leur arrivée, les stagiaires sont conduits vers leur chambre afin qu’ils puissent s’installer avant le pot d’accueil prévu en fin de matinée.
Rendez vous auquel tout le monde assiste. Stanislas présente les animateurs : Natacha pour la peinture, Thomas pour l’écriture ainsi que Joël et Lucie plus axés sur la musique et le chant. Jacques, le cuisinier, n’est pas oublié dans cette allocution. Puis les stagiaires se présentent, expliquent les raisons de leur présence.
Charline, cela fait des années qu’elle rêve de pouvoir écrire, dans un cadre hors du commun en dehors du contexte habituel, afin de travailler différemment, de mélanger les genres et manipuler les mots autrement. Elle a déjà réalisé cette expérience en 2003 dans l’Aveyron et en garde un très bon souvenir. Le chant et la musique l’intéressent beaucoup. N’étant pas très douée en dessin, elle ne pense pas réaliser de miracle en peinture. Elle est néanmoins prête à essayer.
Depuis qu’il sait tenir un crayon, Dave dessine, peint, croque tout ce qui se présente sous ses yeux. C’est une passion dévorante. Le cadre de verdure où il vit l’inspire chaque jour de façon différente et il s’est installé un atelier dans une véranda afin de pouvoir assouvir ce loisir aussi souvent qu’il le peut. Exerçant une profession indépendante, il gère ses journées selon la couleur du ciel. Les paysages varient selon le temps. Il s’offre tous les ans un séjour pour partager ce plaisir avec d’autres passionnés en d’autres lieux, sous des horizons divers.
Les présentations se poursuivent quelques minutes encore. Stanislas conclut son discours de bienvenu en donnant quelques précisions liées aux horaires des différentes activités et aux prestations offertes. Une visite des lieux s’impose : ateliers, espace détente puis salle de restauration sous la véranda où se retrouvent tous les stagiaires pour le déjeuner. Un buffet froid propose entrées et desserts. Jacques attend les convives afin de leur servir des plats chauds concoctés à base de produits frais locaux –souhait de Stanislas.
L’heure des stages approche. Charline et Dave rejoignent leur cours respectif.
En pénétrant dans l'atelier de peinture, Dave ne sait pas trop ou donner de la tête, ou poser ses yeux. L'atelier est aménagé dans une aile du bâtiment et une grande baie vitrée laisse entrer la lumière de tous côtés. La salle est très bien agencée et décorée. Des chevalets en bois sont disposés dans la largeur de la salle, face au parc. Les tabourets semblent attendre les artistes tout comme les pinceaux, les fusains et les feuilles de papier blanches posées sur les trépieds. Des flacons d'huile, des palettes de peinture sont prêts à recevoir les couleurs primaires, les pastels.
Au mur, des aquarelles de paysages sont affichées. L'une d'elle attire l'attention de Dave : Des herbes hautes entourant une chaise bleue sur laquelle est posé un chapeau fleuri de coquelicots. Il est subjugué par cette peinture et décide que ce sera son premier plaisir d'artiste en ces lieux.
Au sol, des cadres sortis d'un grenier "encadrent" des toiles représentant des peintures d'une école de dessin de la région.
Natacha n’est pas insensible au regard de ce stagiaire sur les œuvres représentées. Elle voit déjà un élève très motivé.
"Installez vous, nous allons commencer la séance. Je vous suggère de laisser parler votre imagination et surtout votre pinceau. Le thème de cet après midi est libre. Je vous propose de me présenter une création d’ici une heure ; ensuite, nous ferons une petite pause au cours de laquelle vous pourrez vous rafraîchir puis je passerais vous voir».
Dave s’installe face au chevalet à l’extrémité droite de la rangée. Il regarde attentivement l’aquarelle qu’il a choisi de reproduire et se saisit spontanément d’un pinceau qu’il imbibe de peinture bleue. Son trait est précis. L’artiste peint cette chaise, d’un geste superbe, sans aucune hésitation dans le mouvement, décorant avec tendresse les montants du dossier qu’il orne d’un cœur blanc. Puis il change de pinceau pour déposer des coquelicots rouges sur le siège de la chaise. Les tiges vertes tranchent de façon élégante avec les nuances choisies. Il ne reste que les hautes herbes folles à représenter. Un petit nettoyage de pinceau avant une courte pause pour le séchage de la toile. Le peintre a encore quelques détails à apporter à sa peinture.
Natacha n’en revient pas. Dave est très calme, totalement absorbé par ce qu’il vient de réaliser. Lui si humble ce matin dans l’évocation de sa passion. Il a de l’or dans les doigts. Il faut qu’elle parle avec lui de sa passion, de ses dons. Il l’a sidéré en réalisant cette aquarelle en si peu de temps.
Au même moment, dans la bibliothèque du centre, Thomas invite les stagiaires à prendre place autour d’une table afin de débuter les exercices de style.
« Je vous laisse une petite demie heure pour écrire. Vous pouvez composer un poème, décrire un paysage, une situation ou une personne, raconter un évènement fictif ou réel. Laissez votre stylo vous guider là où il souhaite vous amener. Cela permet de débuter l’atelier en toute liberté ».
Charline, sereine, prend son stylo et laisse ses pensées vagabonder en observant le paysage. Puis après quelques minutes de rêveries, la bille du stylo se pose toute seule sur sa feuille blanche….
« Je me promène dans un champ, foule les herbes hautes à travers les coquelicots, les épis de blés. A quelques mètres de moi sont dressés deux épouvantails vêtus de vieille chemise blanche à manches longues, recouverts d’un chapeau de paille fleuri de marguerites. Puis, perdue au milieu de cette étendue de verdure un chaise bleue en bois. Un cœur banc orne le dossier. Sur le siège, un bouquet de coquelicots dont une brise légère en a fait tomber quelques tiges sur la terre sèche. Que fait cette chaise à cet endroit, loin de tout ? Est-ce l’œuvre oubliée d’un artiste ? Un peintre est il venu dans ce champ avec sa chaise pour s’inspirer de la nature ? Ou bien l’a-t-il apporté ici pour la peindre en secret, en vue d’un cadeau ? Nul le sait.
Mon esprit vagabonde. C’est bon. J’imagine, je vois l’homme qui a peint. Grand bel homme, la cinquantaine, cheveux mi-longs, vêtu d’un jean et d’une chemise beige en lin… »
Le temps imparti est écoulé. Thomas propose une contrainte liée à leur texte : La création d’un abécédaire. Charline plane totalement. Elle noircit chaque ligne de l’alphabet. D’une simple rêverie sortie de son imagination, elle joue avec les mots, les émotions. Elle vit son récit et Thomas s’en aperçoit en parcourant la salle d’un regard distrait lorsqu’il observe les réactions de ses stagiaires face à leur page blanche. Il réalise que cette femme est totalement imprégnée par son récit et son visage reflète ses états d’âme.
Thomas continue sa séance jusqu’à dix-sept heures et persiste dans son appréciation : il engagerait la conversation hors atelier avec Charline afin de connaître ses envies en termes d’écriture, en dehors de ce stage. Elle semble éprouver beaucoup de plaisir à écrire, n’hésitant pas dans la recherche de ses mots, revenant sur son écrit au cours de la réalisation des contraintes proposées. Il profiterait des sessions en petits comités pour la guider dans son style d’écriture.
Le soir venu, les animateurs échangèrent leurs points de vue sur cette journée et les thèmes abordés par les participants sur le travail de liberté d’expression. Quelle ne fut pas leur surprise en s’apercevant que deux d’entre eux avaient décrit la même scène avec la même intensité.
Il y avait entre leur création une sorte d’alchimie. Les animateurs n’avaient jamais rencontré une telle magie auparavant.
Le lendemain, une proposition est faite aux deux groupes de travail et les deux animateurs de cette journée particulière constateront à la vue des peintures de Dave et à la lecture des descriptions de Charline que ces derniers sont une fois de plus sur la même longueur d’onde dans leur façon de décrire les personnages, les paysages. Un feeling incontestable passe entre eux sans qu’ils le sachent…
Ce soir là, Thomas et Natacha les invitent à se joindre à leur table afin de leur faire part de leur découverte. La soirée se prolonge par une promenade dans le parc, sous les étoiles. De nouvelles amitiés se sont créées. Des projets de stage, de rencontres,…
Posté le 11/10/2009 | 3 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article
Paul
Paul, mon père, quadragénaire dynamique, ouvre les volets de sa maison. Attiré par la vision de l'aube à l'horizon, derrière son terrain, il n’a qu’une envie, aller marcher dans la neige, vêtu de sa tenue favorite : un jean et un gros pull. Néanmoins, il quitte la maison, s'engouffre dans sa voiture, vers des embouteillages inévitables, avant de s’enfermer dans son bureau pendant des heures. Superficiel, robotisé par le Système.
Il pénètre dans son bureau, feuillette les dossiers déposés par sa collaboratrice. Des réunions prévues de longue date s'annulent à la dernière minute, en raison des intempéries. Soudain, une voix le fait réagir. Il l'a déjà entendu dans les couloirs. Chaque fois, le même frisson, la même envie de mettre un visage sur cette voix. Elle lui rappelle des souvenirs qu’il croyait à jamais enfouis. L’adolescence. Jamais depuis, il n'avait senti une telle chaleur l'envahir. Il se tourne vers la fenêtre de son bureau, regarde tomber la neige et laisse voguer son imagination. Un bistrot. Deux tasses de chocolat chaud.
On frappe à sa porte. Il ne réagit pas spontanément. Perdu dans ses pensées, le sourire aux lèvres, il se retourne et la voit, là, debout devant lui. Elle se présente « Bonjour, je suis Betsy la nouvelle assistante de Thomas, le journaliste. »
Il sait enfin à qui appartient cette voix sensuelle. Semblable à celle de sa chanteuse préférée, Sharleen SPITERI, la chanteuse du groupe de rock Texas et surtout d’une jeune fille qu’il a connue. Et si … Ce serait un bonheur, un délire qu’il n’ose imaginer.
Il plane. Instantanément, sa journée de travail lui apparaît plus radieuse. Il ne s'aperçoit pas que sa pile de dossiers est sur le point de s'effondrer sur le sol. Le sourire de cette femme. Les effluves de son parfum. Son regard émeraude.
Le téléphone sonne. Son assistante l'appelle pour une réunion. Sa tasse de café échappe de peu à la catastrophe. Il propose à la jeune femme de déjeuner afin de se présenter. Elle accepte d'emblée et lui adresse un sourire avant de quitter le bureau. Paul va devoir reprendre ses esprits avant d'assister à son rendez vous.
Thomas, le journaliste de l’entreprise est en déplacement depuis quelques semaines. Il n'a pas eu le temps d'annoncer à Paul qu'il avait une nouvelle collaboratrice. Elle remplace Chloé partie prématurément en congé maternité.
La réunion de Paul n'est pas motivante. Son esprit est ailleurs. Un de ses collègues l'a discrètement ramené à la réalité par un coup de pied léger. Les flocons de neige flottaient à nouveau dans le ciel.
Betsy est émue par l'attitude de Paul. Cet homme est intimidé par sa présence. Elle n'est pas de ces femmes sûres d'elles et de leur influence sur la gente masculine. Courtoise, pétillante, enthousiasme, elle sait être une collègue appréciée sur le plan relationnel. Elle attend le déjeuner.
Tous deux, reprennent leurs occupations, l’esprit nomade, impatients de faire connaissance, autour d’une table. Promesses de rires, de sourires…
La réunion est finie. Paul dépose son dossier sur son bureau et file chercher sa nouvelle collègue. Le parquet craque lorsqu’il franchit le seuil de son bureau. La jeune femme sursaute. Elle est belle dans cette robe couleur lin.
Une affiche touristique exposée à l'entrée du restaurant les amène tout naturellement à discuter vacances, loisirs. Ils se découvrent rapidement des intérêts communs pour la peinture, l’écriture. Leur culture musicale est assez proche. En parlant de leur groupe favori, ils se retrouvent à évoquer un souvenir vécu, vingt ans plus tôt, dans une ville qu’ils ont fréquentée, adolescents. Tours, 1991. La Médiathèque et une recherche d’albums pour un exposé, en terminale…. Deux lycéens fréquentant la même classe choisissent le même sujet simultanément, sans concertation. Betsy et Paul. Que de souvenirs. Une grande amitié interrompue par les mutations professionnelles de leurs parents.
La pause déjeuner prend fin, un éclair sur l’échelle du temps. Temps qu'ils envisagent déjà de prolonger un autre jour…
Il y a six ans, mon père a tout plaqué par amour, sur un coup de foudre. Je l’ai vu le week-end dernier. Il est heureux. Betsy est une femme exquise.
A cette époque, le meilleur ami de mon père m’avait tout raconté. Il voulait que je comprenne mon père pour ne pas le détester. Il fut le témoin principal de leur idylle. J’ai eu envie de la coucher sur le papier.
Posté le 11/10/2009 | 3 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article
